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1ière
partie En tant que programme d'action pour le 21e siècle, "l'Agenda 21" appelle, et ceci surtout dans les pays industrialisés, à un changement du comportement général. L'image conductrice d'un monde équitable sur le plan social et supportable sur le plan écologique, qui soit en mesure, d'améliorer également les conditions de vie économiques des êtres humains et d'assurer les bases de l'existence à long terme, devrait désormais servir de principe fondamental pour mettre en route un développement soutenu, qui tient compte dans la même mesure des considérations écologiques et sociales et devrait avoir un impact jusque dans les villes et dans les communes. Par ce biais, les "Agendas locaux" revêtent une importance significative en tant qu'instruments, avec lesquels il est possible de concevoir la politique quotidienne, et ceci en combinaison avec les attentes, que des processus de décision correspondants, par exemple au niveau de l'administration et de la politique, soient mis en application et reçoivent le soutien nécessaire dans le cadre d'initiatives, d'associations, dans l'économie et dans les écoles. Mise en application sur le niveau local : Exemple Allemagne Sous ces prémisses, un grand nombre de coopérations et d'associations se sont formées au courant des dernières années dans plus de 420 villes, communes et régions en Allemagne afin de développer et de préparer des programmes d'action viables pour le futur. La coopération entre la politique et l'administration d'une part et les initiatives, les associations et les personnes privées d'autre part commence à porter ses fruits. Ces résultats sont mis en évidence par les activités multiples, tant théoriques que pratiques, qui se manifestent sous de très nombreuses formes: - A Germering près de Munich, une ligne rouge sur le trottoir
doit, en tant que "fil rouge", relier 20 objets d'art faits
à partir de différents matériaux. Les réactions
du public sur les premiers travaux achevés et installés
sont très contrastées. Par cette réaction, le cercle
culturel local qui est l'initiateur de cette entreprise, déclare
avoir atteint son objectif principal, c'est-à-dire de faire parler
de "l'Agenda 21 local" et d'attirer l'attention des citoyens
sur ce projet. Par son projet pilote , "quartier Neustadt - développement soutenu", la ville de Bremen veut substituer la pratique à la théorie et faire des rapports réguliers sur les projets clés, notamment la mise en place d'un service de livraison et de prise en charge pour les personnes âgées ainsi que le projet "chemins d'habitation vers la Weser", qui vise une amélioration de la qualité de vie par la réduction de la circulation routière. L'aspect essentiel ici, selon l'organisation, est la fixation d'un objectif commun et la création d'une identité, capables de regrouper l'ensemble des actions.
Malgré les aspects intéressants, locaux et proches de la pratique de certaines initiatives et projets dans la République Fédérale, les exemples retenus ici selon le principe du hasard, montrent du moins partiellement, qu'il s'agit surtout de la formulation de bases théoriques que d'une mise en pratique réelle sur place qui ferait référence à des projets concrets avec la participation de supports indépendants et d'associations, de groupements d'idées et de citoyens. Bien que la motivation réelle des organismes publics, qui vers l'extérieur donnent l'impression d'être engagés, ne devrait pas être mise en doute, il est difficile de se défaire de l'impression, que dans une large mesure, il s'agit également de la mise en application d'intérêts fondamentalement économiques et autrement intentionnés, pour lesquels "l'Agenda 21" doit servir de prétexte. Cette impression est soulignée non seulement par les objectifs assez généraux et peu différenciés mais aussi par les supports plutôt institutionnels et le langage théorique peu compréhensible pour les citoyens utilisé pour la présentation. Dans un premier bilan, par exemple, les initiatives et associations regroupées dans le forum de l'environnement de Bremen ont constaté que "le bilan général est nettement négatif".Même si certains changements ont eu lieu, Peter Müller, Membre de l'organisation pour l'environnement et la protection de la nature de l'Allemagne (Bund für Umwelt und Naturschutz Deutschland e.V. (BUND) ) remarque que les gouvernements des Länder maintiennent leur cap de redressements et misent surtout sur des projets de grande envergure peu adaptés aux villes qui sont non seulement désastreux pour les finances mais aussi consommateurs de surfaces libres. Nous ne pouvons que nous rallier à cette évaluation car sur la base des évolutions fondamentales amenant à un accroissement exagéré de la population et des postes de travail, le concept du développement urbain actuel de la ville de Bremen justifie des interventions dans des structures du centre ville qui ont fait leurs preuves, prévoyant des surfaces supplémentaires pour l'habitation, le commerce et les routes sans s'arrêter devant les aires protégées et parfaitement intégrées dans cette structure que sont les jardins familiaux. Avec l'objectif d'atteindre les taux de croissance voulus, le but d'assurer un développement durable de la ville de Bremen ne semble guère possible et "l'Agenda 21 local" ne pourra remplir, malgré toutes les initiatives qui partent de sentiments sincères, qu'une fonction d'alibi. L'exemple de Bremen permet de retracer cette évolution de manière
très nette, aussi en raison de la situation budgétaire de
la ville. Une évolution représentative donc qui est transposable
aussi à d'autres villes et communes. Entre les belles propositions
faites dans le cadre de "l'Agenda" et ce qui subsiste dans la
réalité d'une compétition accrue entre les communes,
il existe un gouffre que l'on ne peut plus ignorer, une situation qui
ne correspond pas (toujours) aux besoins de créer un monde socialement
équilibré et écologiquement supportable. Par ailleurs,
les activités au niveau de la politique et des administrations
ainsi qu'au niveau des groupes d'intérêts économiques
et autres semblent être axées à tel point sur "l'Agenda
21" ainsi que sur les nouveaux postulats et directions ainsi donnés,
que le développement durable au niveau des jardins familiaux, qui
a eu lieu depuis longtemps et qui met en pratique les contenus de "l'Agenda
21" de manière pragmatique sur le plan local, est passé
sous silence de façon plus ou moins consciente.
2ième partie
Pourtant, les références de "l'Agenda 21" au mouvement des jardins familiaux sont évidentes. Diplom-Ingenieur Reinhart Herzog de la Bayrische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege à Laufen a souligné cet aspect récemment dans le cadre d'une série de manifestations du Bundesverband Deutscher Gartenfreunde (BDG) en mettant en évidence les points d’attache possibles dans le domaine "développement durable, santé, éducation et compétence sociale". Le potentiel et les possibilités sont favorisés par le haut degré d'organisation des associations des jardins familiaux qui comptent plus de 3 millions de membres à travers l’Europe ainsi que par les structures juridiques qui présupposent un support idéal des associations avec la formulation et l'intégration d'objectifs écologiques dans les statuts comme étant des obligations de tout un chacun. Les exemples suivants devraient permettre d'illustrer de manière concrète, que les jardiniers associés ont pu, aussi sans "Agenda" comme élément initiateur, mettre depuis longtemps leurs idées en pratique. Les surfaces occupées par les jardins familiaux ne sont certainement pas des îles isolées mais reliées aux espaces verts publics et aux quartiers d'habitation voisins par des chemins et des pistes cyclables. Les installations communes comme les aires de jeux et les bancs sont à la disposition des jardiniers associés et des citoyens sans distinction aucune et remplissent avec les surfaces libres et plantées une fonction importante dans la ville en offrant des possibilités de repos et de loisir. La culture de ces aires et des jardins même s'oriente sur des principes environnementaux avec la défense d'utiliser des herbicides et l'obligation de recourir au compost, à un traitement naturel du sol, l'emploi d'écorces, le recyclage de la masse biologique du jardin, la production de fruits et de légumes sains – en tenant compte de la localisation et des conditions climatiques régionales lors du choix des sortes - sont depuis longtemps des éléments qui font partie du répertoire standard des amis jardiniers. Des projets significatifs pour l'environnement comme la création de biotopes humides, la restitution de chemins abandonnés et scellés, la plantation de haies et arbustes pour les oiseaux et l'aménagement de nouvelles liaisons par des chemins avec des matériaux perméables à l'eau et naturels, la promotion de vergers, de biotopes secs, de surfaces vertes sur les toits et l'emploi d'insectes au lieu de produits chimiques, etc. sont également l'expression d'une conscience collective qui démontre la responsabilité de chacun sur le plan pratique. Les exemples suivants devraient permettre d'illustrer qu'il n'existe pas de limites à la multitude des possibilités et que les jardiniers associés sont loin d'être un groupe fermé mais une communauté de solidarité ouverte: · des jardins familiaux particuliers pour les personnes âgées
ou pour les enfants en âge préscolaire en partenariat avec
des homes pour personnes âgées et des jardins d'enfants; La notion d'intégration des étrangers n'est pas une formule dépourvue de sens dans le mouvement des jardins familiaux, mais elle est l'expression d'une tolérance permanente et de l'acceptation de différentes nationalités. Ainsi, il n'est pas rare que des associations se composent pour plus de 10% de membres étrangers sans pour autant que ceci entraîne des problèmes de voisinage. Les communautés et les intérêts communs contribuent dans une large mesure à accroître la tolérance mutuelle. Des associations turques comme à Bremen qui comptent aussi des citoyens allemands parmi leurs membres, sont – tout comme la participation d'amis jardiniers étrangers dans les comités des associations "allemandes" - loin d'être une exception. Sans continuer cette liste d'exemples pris au hasard, il apparaît clairement que l'image conductrice de "l'Agenda 21", le "développement durable" en relation avec l'économie, l'écologie et les besoins sociaux trouvent une place idéale dans le cadre du mouvement des jardins familiaux avec une mise en pratique exemplaire. Ceci est dû d'une part à la formation et à l'éducation des jardiniers associés à tous les niveaux et d'autre part, au fait que souvent leur propre situation d'urgence ou difficile en raison des évolutions sociales ou de changements sociaux les a amenés par le passé et au présent, à réagir de manière flexible. Ainsi, les amis jardiniers ont dû s'occuper plus tôt et de manière plus intense des conditions économiques, environnementales et sociales. Cette situation a conduit, surtout dans les années passées, à des coopérations entre de nombreux organismes et institutions, dont notamment les associations pour la protection de la nature, les institutions éducatives, les écoles et les jardins d'enfants jusqu'à établir des contacts, surtout sur le plan du secteur pour la protection de l'environnement, avec les entreprises privées qui peuvent être développés et devenir plus intensifs dans leur ensemble. Ce que les jardiniers associés sont capables de réaliser, a été montré clairement à l'occasion de la deuxième année européenne pour la protection de la nature, lors de laquelle p.ex. des jar-diniers associés de Bremen et de la Bavière n'ont pas seulement participé par des projets mensuels d'une importance supra régionale mais aussi, sur la proposition du Comité national allemand pour l'année européenne pour la protection de la nature 1995, ont reçu une distinction par le Président fédéral, Dr. Roman Herzog. Les conditions optimales existent donc et rien ne s'oppose à une
collaboration fructueuse avec les amis jardiniers et les organisations
des amis jardiniers locales dans le cadre du processus de "l'Agenda
21" si l'on envisage de mettre en pratique, de mettre en oeuvre des
projets concrets, de prendre en considération des résultats
obtenus et les efforts entrepris par les amis jardiniers afin de promouvoir
la réalisation des intérêts communs dans le meilleur
sens des dispositions de "l'Agenda 21".
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