back

available languages:

La protection biologique au jardin

  • France
  • 28.7.2017

Nous retiendrons comme définition celle de l'Organisation Internationale de lutte biologique : "utilisation par l'homme, d'ennemis naturels tels que des prédateurs, des parasitoïdes ou des agents pathogènes pour contrôler des populations d'espèces nuisibles et les maintenir en dessous d'un seuil de nuisibilité".

Quelques définitions

Qu'est-ce qu'un prédateur ?

C'est un organisme vivant qui capture d'autres organismes vivants appelés "proies" pour se nourrir lui-même ou sa progéniture. Quelques exemples :

coccinelles- les coccinelles : les larves et les adultes sont des prédateurs qui consomment de préférence des pucerons, des larves d'aleurodes et d'acariens ;

- les chrysopes : les larves s'attaquent aux pucerons et aux acariens, les adultes se nourrissent de pollen et de nectar ;

- les carabes : très polyphages, les larves et les adultes se nourrissent d'une grande diversité de ravageurs : doryphores, limaces, taupins, hannetons ;

- les punaises entomophages : prédatrices à tous les stades, elles se nourrissent d'acariens, de thrips etc. ;

- les syrphes : les larves consomment les pucerons, les adultes se nourrissent de pollen et de nectar ;

- les acariens prédateurs: (Amblyseius, Phytoseiulus) consomment les ravageurs des cultures à tous les stades de leur vie (tétranyques, thrips).

Qu'est-ce qu'un parasitoïde?

C'est un organisme vivant qui se nourrit, se développe et se reproduit sur ou à l'intérieur d'un autre organisme vivant mais qui, contrairement aux parasites, tue inévitablement l'hôte qui l'héberge. La plupart des parasitoïdes sont des insectes. Quelques exemples :

- les micro-hyménoptères (micro-guêpes) : maîtrisent les pucerons, teignes, noctuelles, mouches etc. ;

- les staphylins : prédateurs des larves et parasites des mouches terricoles (mouche du chou, de la carotte, des semis ;

- les nématodes : limitent les populations de mouches des terreaux, les larves d'otiorhynques (Dickmaulrüsslerlarven ?), les limaces.

les micro-hyménoptères

Qu'est-ce qu'un auxiliaire ?

Ce sont des organismes vivants, prédateurs ou parasitoïdes contrôlant ou éliminant des ennemis des plantes à protéger. Les auxiliaires peuvent avoir un régime spécialisé (proies ou hôtes) ou être polyphage (diversifié). Les insectes pollinisateurs sont également considérés comme des auxiliaires dans la mesure où ils pollinisent des espèces végétales. Ex : le bourdon terrestre (Bombus terrestris) pollinisateur de la tomate sous serre et des semences.

Qu'est-ce qu'un agent pathogène ?

Il s'agit de certains agents, bactéries ou virus, qui s'attaquent aux insectes ravageurs des cultures. Les champignons sont également capables de détruire d'autres champignons. Ex : Coniothyrium minitans en lutte contre le sclérotinia. De nombreux autres animaux présents dans l'environnement du jardin et qui sont également des auxiliaires des cultures :

- les oiseaux insectivores : se nourrissent de tous les insectes, mais plus particulièrement de jeunes chenilles ;

- les oiseaux de proies et les chats : très efficaces pour limiter la présence des mulots et campagnols dans les cultures ;

- libellules et araignées : grandes consommatrices d'insectes volants ;

- les hérissons : s'attaquent aux populations de limaces.

les hérissons

La mise en oeuvre de la protection biologique au jardin

Cette pratique fondée sur les relations entre les espèces dans le milieu, vise davantage une gestion des populations de bio-agresseurs que leur éradication. Elle nécessite de bien connaître, d'une part, les couples ravageurs/auxiliaires potentiellement présents dans l'environnement du jardin et d'autre part les produits de bio-contrôle disponibles.
La finalité est de protéger les plantes plutôt que de lutter contre des ennemis. Il s'agit de chercher des alliés pour agir avec la nature et non de lui nuire.

La nouvelle conception du jardin

Son organisation spatiale va ou non faciliter la connexion entre les différents milieux du jardin et entre les jardins. Le jardin n'est pas isolé, sa protection fait partie intégrante du territoire dans lequel il se situe. Il faut absolument créer des liens de jardin à jardin avec des haies basses par exemple. Nous introduisons ici un nouveau concept : celui de la protection intégrée des cultures au jardin "la mise en oeuvre par le jardinier d'un ensemble cohérent de mesures indirectes et de moyens directs pour minimiser les compétiteurs de la culture".

Quelques exemples de méthodes :

- le contrôle cultural: prophylaxie, modes de conduite (taille, fertilisation), techniques culturales;

- le contrôle génétique: variétés ou porte-greffes résistants ou peu sensibles aux bio-agresseurs (Bio-Agressoren ?);

- la lutte biologique par conservation: préservation des auxiliaires;

- la lutte biologique par augmentation: lâchés massifs d'auxiliaires afin d'en augmenter la population;

- la lutte biologique par perturbation: pièges par phéromones sexuelles; - la lutte physique: filets protecteurs, solarisation, bio-fumigation;

- la lutte biologique: micro-organismes, macroorganismes;

- les plantes pièges: plantes qui exercent une action attractive ou stimulante sur un ravageur;

- l'utilisation de substances naturelles : minérales (phosphate ferrique anti limace), végétales (extraits végétaux, purins) ou animales (sang séché répulsif gibier).

exemples de méthodes

Ces nouvelles méthodes de jardinage nous montrent bien que nous sommes à la croisée des chemins entre la chimie "de synthèse" et la chimie "naturelle". Cette dernière ne pourra réellement fonctionner que si nous acceptons de changer nos pratiques et d'adopter de nouveaux concepts.

Olivier Guérin
Jardin Familial de France no. 501/2017

Les iris

  • France
  • 14.7.2017

Iris

Légende et histoire

FR1Le mot “iris” est un emprunt médiéval au latin ‘iridis’, lui-même emprunté au grec ‘Iris, Iridos’, désignait “la messagère des dieux” qui transmettait ses messages aux humains sous la forme d’un arc-en-ciel. On le trouve associé à la fleur à partir du XIIIe siècle en raison de la coloration de ses pétales, aux reflets irisés. Déjà considéré comme sacré par les Egyptiens, il est devenu, sous le nom héraldique de “fleur de lys” le symbole de la royauté en France. Il semble que la mode de l’iris comme parfum ait été lancée par Catherine de Médicis.

Botanique

L’iris (nom masculin pour la fleur, mais féminin pour le prénom à la mode) est une plante vivace à rhizome ou à bulbe de la famille des iridacées (comme le crocus). Le genre Iris contient quelques 210 espèces et d’innombrables variétés horticoles, sans compter les sous-genres. Dans nos jardins on trouve des iris hybrides horticoles appelés “iris germaniques”.

•   Les feuilles sont alternes, à base engainante, presque toujours ensiformes.
•   La fleur : grandes fleurs hermaphrodites groupées, entourées à plusieurs dans des bractées appelées spathes (comme du papier de soie), puis s’ouvrant en six tépales pétaloïdes semblables disposés sur deux rangs : la fleur est composée de trois tépales externes horizontaux (ou sépales) qui supportent une barbe et trois tépales internes plus petits, dressés (ou pétales).
•   Le fruit est une capsule à trois loges contenant plusieurs graines. Vous pouvez faire sécher les graines et les semer.

L’iridophilie dispose d’un jargon bien particulier, pas moins de 23 expressions, pour parler des fleurs d’iris selon les différentes couleurs des fleurs, leur forme, la hauteur de la plante. Il y a deux catégories d’iris:

•   ceux qui n’ont pas de barbe (iris de Louisiane, de Sibérie, de Californie, iris spurias, iris du Japon),
•   ceux qui ont une barbe, la plupart de nos iris de jardin, quelle que soit leur taille.

La fleur de l’iris a beaucoup évolué au cours du XXe siècle grâce aux hybrideurs: d’une forme plus petite, étroite et molle, ils sont arrivés à produire de fleurs de haute stature, moins fragiles, aux riches couleurs. Ils ont aussi apporté des améliorations à la forme de la fleur même : pétales ondulés, frisés, plus amples, harmonisation entre les dimensions des sépales et pétales et autres fantaisies : froufrous, éperons… La forme des iris n’est pas figée, les hybrideurs trouveront bien un jour le moyen de transformer les éperons en vrais pétales.

Les iris de nos jardins

FR3Les plus communs dans nos jardins, les iris à barbes “germanica”; on en trouve de toutes les couleurs, du bleu pâle au violet/noir, du blanc au jaune/orange/cuivre/chocolat, sauf le rouge même si parfois les barbes sont d’un orange vif et dense. Nous disposons d’un grand choix en fonction de la hauteur de la plante et de la période de floraison :

Iris nains (à rhizome) - 15 - 30 cm - mars - début avril
Iris de Hollande (bulbeuse) -70 - 100 cm - avril-mai
Iris Germanica (à rhizome)- 70 - 100 cm - fin mai à début juin

La durée de floraison dépend bien sûr du nombre de boutons floraux sur chaque tige ; peu d’iris sont remontants en fin d’été.

 

Où les planter ?

•   Dans le midi, les iris vont tolérer une ombre légère. Ailleurs, ils ne se plaisent qu’en plein soleil, à défaut du soleil sur une demi-journée.
•   Ils n’aiment pas être plantés aux pieds d’arbres ou d’arbustes dont les racines vont les priver de nourriture.
•   Tous les sols conviennent aux iris, mais dans un sol lourd et compact, il est préférable de les planter sur une butte de 5 à 15 cm après y avoir ajouté du sable.

Quand planter ou déplacer ?

•   Les mois d’été leur sont favorables, de juillet à octobre pour avoir le temps de s’installer et pour une meilleure première floraison.
•   Dans le nord et l’est, les plantations tardives de février à mi-juin sont plutôt déconseillées.
•   Pour les déplacer : tous les 3 ou 4 ans, l’été, en ôtant éventuellement la partie du rhizome abîmée, séchée, trop vieille.

Comment les planter ?

•   Pour un meilleur effet, 3, 5 à 7 pieds par touffe selon votre jardin, le nez du rhizome à l’intérieur, la pousse verte à l’extérieur du cercle.
•   Les rhizomes ne doivent pas être recouverts de plus de 1 à 2 cm avec de la terre légère de façon qu’ils soient à nouveau visibles après le tassement de la terre.
•   Les rhizomes seront posés bien à plat, recouverts de terre qui se tassera par un copieux arrosage.
•   Si vous en plantez beaucoup, faites carrément une saignée à la binette de 5 cm de profondeur et de 20 cm de large ; sur l’un des bords, piquez les rhizomes et rebouchez.

Entretien

FR4•   Ils n’aiment pas non plus les mauvaises herbes, l’humidité, l’excès d’eau : ils n’ont besoin d’eau qu’à la plantation ; arrosez seulement en cas de période de chaleur et sécheresse prolongée.
•   Coupez les tiges à 10 cm du sol après la floraison et ne coupez pas les feuilles l’été, sauf si elles sont trop tachées (ne pas les mettre au compost).
•   Coupez les feuilles fin septembre-début octobre (mais toute théorie a son contraire…).
Mai est la plus belle période pour profiter de leur floraison multicolore et de leurs parfums après les Saints de glace.

Liliane Lenfant
Jardin Familial de France no. 501/2017

 

Ipomées à grandes fleurs

  • France
  • 13.6.2017

Historique

Le genre Ipomoea comporte environ 500 espèces de plantes volubiles, d'arbustes ou d'arbres de la famille des Convolvulaceae. Certaines études (D. Austin, 1997) en recensent entre 600 et 700 dont plus de la moitié sont originaires d'Amérique du Nord ou du Sud.

1 Il y a d'abord l'Ipomée purpurea, très bien adaptée au climat tempéré : c'est une grimpante d'Amérique que tout le monde connaît dans sa version bleu-pourpre que les Américains appellent Gand'Pa Ott. La version rose est également connue en Europe.

• L'ipomée tricolore (ipomoea tricolor ou ipomoea violacea) est originaire du Mexique et d'Amérique centrale. Là-bas on l'appelle badoh negro et les graines sont utilisées depuis l'époque Aztèque comme hallucinogène. On la cultive comme annuelle ; elle produit de nombreuses fleurs bleues (vrai bleu !) de 10 - 12 cm. Elles sont caractérisées par leur cœur jaune.

L'ipomée Nil est arrivée au Japon il y a 1000 ans en provenance de Chine. C'était alors une plante médicinale (diurétique) ; les Chinois l'avaient reçue des Arabes qui faisaient du commerce avec tous les petits royaumes de l'Est de l'Afrique. Cette Nil est arrivée en compagnie d'autres Ipomées dont une de l'Himalaya et une autre de la région de Pékin. Elles sont rapidement arrivées dans les jardins ; elles ont été croisées entre elles pour obtenir différentes couleurs. De bleutées, elles sont devenues roses, puis blanches et sont connues en Europe 'ipomoea purpurea' et la tricolore. Une qui l'est beaucoup moins, c'est l'ipomée japonaise, 'ipomoea nil ou Asagao'.

Elles sont entrées dans la poésie japonaise car elles représentent un thème majeur de la culture Japonaise : la vie est éphémère et la beauté aussi. En effet, l'ipomée s'ouvre avec le lever du soleil et à 11 h. commence à se faner. Certaines couleurs et formes étaient très rares et ont coûté très cher. Toutes les différentes dynasties les ont aimées. Il y avait des rivalités entre les villes et aujourd'hui encore durant l'été, des expositions d'ipomées sont organisées. Les collectionneurs envoient sur Internet les photos de leurs obtentions extraordinaires. Les Japonais organisent, chaque année du 6 au 8 juillet, à Iriya, la Fête des Ipomées où se retrouvent quelques 120 marchands et 400 000 visiteurs du monde entier.

Culture des Ipomées

2Dans mon jardin, au long des années, j'ai expérimenté toutes les différentes ipomées : après un trempage de 12 heures, on peut semer sous abri en mars-avril à 16° C ou en place en avril-mai hors gelées. La gamme des classiques ipomées roses, rouges, pourpres, blanches, peuvent suivre ce calendrier.

Contrairement à ce que préconisent les semenciers, pour le climat au nord de la France, les ipomées bleu-clair, bleu-vif, striées ("flying saucer", "ismay" et "carnaval de Venise") demandent à être semées le plus tard possible en mai car elles ont plus de mal à démarrer. Par contre, elles fleurissent jusqu'à fin octobre si le temps reste clément.

La superbe et énorme ipomée blanche et parfumée "fleur de lune" au feuillage abondant, nécessite plus de soin et surtout de chaleur dès le départ : elle n'a vraiment bien fleuri que durant les deux ou trois étés très chauds ou de canicule, embaumant le jardin à la tombée du jour jusqu'au lendemain matin.

3Quant aux ipomées japonaises "type Mont Fuji", aux tons pastels ou au contraire très vifs (bleu pâle, bleu-violet presque outremer, rose pâle, rose fuchsia, vieux rose), splendides fleurs toutes marginées de blanc, leur culture nécessite un peu la main verte : elles sont plus frileuses et il est préférable de les garder en serre et/ou de les semer entre mi-juin et mi-juillet. Les spécialistes les font même germer en 3 ou 4 jours à 28° C. Elles craignent aussi l'excès de pluie du nord.

En région parisienne, je préfère maintenant les semer dans de gros pots que je rentre aussitôt que la température baisse en septembre/octobre. Ce sont des espèces qui s'hybrident entre elles et d'une saison à l'autre, formes et couleurs peuvent être différentes.

Attention : les limaces sont très friandes de toutes les espèces au départ des jeunes pousses.

L. Lenfant

entrées précédentes

mentions légales ::: contact ::: accueil ::: plan du site ::: FACEBOOK facebook