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Le maïs, l'homme et l'histoire

Texte Simone Collet
Avant même le blé et le riz, le maïs occupe fièrement le haut du podium dans le trio de tête des céréales cultivées dans le monde.

Cette première place n'est guère étonnante: non seulement les vertus nutritives du maïs pour l'homme ne sont plus à démontrer, mais il est en outre largement employé comme fourrage pour l'alimentation des animaux… Sans compter son utilisation dans le secteur agro-alimentaire ainsi que dans la production de biogaz et de biocarburant.

Une longue histoire

popOriginaire du Mexique, sa culture remonte loin dans la nuit des temps.

Il y a 9'000 ans, les agriculteurs amérindiens ont commencé à développer une graminée locale adaptée au climat tropical humide, nommée téosinte. On en récoltait les grains qui, broyés et moulus, donnaient une farine appréciée.

Issu de la téosinte à force de patientes sélections alliées à des mutations génétiques favorables, le maïs a constitué la base de l'alimentation de toutes les civilisations précolombiennes qui se sont succédé en Amérique du Sud. Certaines le considéraient même comme un enfant des dieux.

Appliquant avant l'heure les lois du développement durable, les paysans utilisaient une méthode de culture biologique en cultivant ensemble un trio de plantes complémentaires nommées «les trois sœurs»: le maïs, la courge et le haricot grimpant.

Avec le retour de Christophe Colomb, le maïs fut introduit au sud de l'Europe sous le nom de blé d'Inde (qu'il a gardé au Canada), blé de Barbarie ou blé de Turquie, en raison de doutes concernant son origine lors de sa diffusion sur le Vieux Continent.

Dès la première moitié du 20e siècle ont été créées des semences hybrides, puis transgéniques, faisant du maïs le symbole de l'agriculture intensive sujette à une vive polémique. Par ailleurs, les progrès de la génétique ont développé des variétés précoces et d'autres supportant un climat moins chaud, permettant de quadrupler le rendement au cours de la seconde moitié du siècle.

Le maïs aujourd'hui

pop2Nommé Zea mays en science botanique, le maïs appartient à la famille des poacées (ou graminées). On récolte la plante entière, ou seulement les grains extrêmement riches en amidon.

Il se développe rapidement et son rendement est supérieur à celui du blé. Due à son origine tropicale, une photosynthèse particulière lui permet de valoriser parfaitement la lumière et la chaleur tout comme, par exemple, le sorgho et la canne à sucre.

La culture du maïs est aujourd'hui universelle puisqu'il est cultivé dans 150 pays répartis sur les cinq continents. Selon les variétés, cette robuste céréale peut en effet gaillardement pousser de 0 m (niveau de la mer) jusqu'à 3000 m d'altitude.

Atouts économiques

Les principaux pays exportateurs sont les Etats-Unis, l'Argentine, le Brésil, l'Ukraine et la France. A eux cinq, ils représentent plus de 80% des exportations mondiales. Près des deux tiers de la production sont destinés à l'alimentation animale, surtout dans les pays industrialisés.

Consommation

En ce qui concerne la consommation, les Etats-Unis viennent à nouveau en tête, suivis de la Chine, de l'Union européenne, du Brésil et du Mexique.

Le maïs satisfait les gourmets de tous les pays avec l'infinie palette de ses préparations: en grains frais et croquants, sous forme d'épis grillés, en pop corns, en corn flakes, en maïzena (fécule)... Ainsi qu'en «farina bona» et «polenta», deux spécialités du Tessin, canton le plus méridional de Suisse, doté d'un climat particulièrement propice à sa culture.

 

Bonne recette :
La Polenta bramata du Tessin

• Mettre à bouillir 1,1 litre de bouillon de légumes avec un peu de sel (ou un mélange moitié eau-moitié lait);
• Verser en pluie 220 g de maïs bramata (à grains grossier);
• Baisser le feu et laisser cuire pendant 10 minutes en remuant constamment avec une grande cuillère en bois;
• Baisser encore à petit feu et laisser mijoter pendant une petite demi-heure en remuant de temps en temps;
• Ajouter une noix de beurre et 50 g de fromage parmesan râpé;
• Donner un tour de moulin à poivre, mélanger et servir avec une salade.

Texte Simone Collet
Photo Pixabay

Le blé et le pain

Texte Simone Collet
Le blé nourrit les hommes depuis la nuit des temps. Coup d'oeil sur leur histoire commune.

Dès les débuts de l'agriculture, le blé et les céréales ont été une nourriture essentielle pour la population humaine. Sur tous les continents, les civilisations se sont développées sur la base d'une céréale principale: le riz en Asie, le sorgho ou le mil en Afrique, le maïs en Amérique du Sud, le blé en Europe.

Parlons blé...

wheatAu Moyen-Orient, les premiers cultivateurs ont sélectionné et développé des graminées sauvages, à partir d'une humble plante nommée égilope.

Au fil du temps, à force d'efforts et de patience, ils sont parvenus à créer l'engrain, autrement dit le petit-épeautre, puis l'amidonnier, et enfin le grand-épeautre. Le blé a suivi, sous d'innombrables variétés premières, adaptées au climat et au sol des différentes régions productrices.

Après la fin de l'époque glaciaire, le blé a pu être cultivé en Europe sur les terres libérées de leur gangue de glace. Pendant des siècles, il a surtout été moulu et consommé sous forme de bouillie, mets de base de la population paysanne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, une dizaine de variétés standardisées particulièrement rassasiantes grâce à leur haute teneur en gluten ont remplacé en Suisse les centaines de blés locaux issus de croisements entre les céréales d'origine.

Destinées en premier lieu à satisfaire les besoins de la population en période de pénurie, ces variétés plus rentables sont encore largement cultivées de nos jours.

«Ne mangez pas votre blé en herbe!»… sinon aucun épi ne poussera, conseille la vieille sagesse paysanne. Cette mise en garde pleine de bon sens a gardé toute sa pertinence...

Le retour des anciennes variétés

Nos anciennes variétés n'ont pas dit leur dernier mot. Elles reviennent en force sur le devant de la scène, surfant sur la vague du retour à une nécessaire biodiversité.

Sont dans ce cas l'amidonnier noir (déjà cultivé il y a 7000 ans) et le blé rouge de Gruyère dont l'épi donne une paille du plus bel effet pour tresser de jolis chapeaux colorés. Citons également, parmi les variétés de chez nous, les blés locaux nommés bofflens et vaulion…

Parmi la famille des céréales panifiables, n'oublions pas le seigle du Valais qui donne ce pain foncé si goûteux dont la réputation n'est plus à faire; un régal avec un fromage d'alpage et un bon verre de fendant bien frais.

Nus ou enrobés

Parmi les blés, on distingue les épis blonds à grains nus du blé dur, du blé tendre et du froment; les épis des anciennes variétés sont quant à eux dotés de longues barbes et de grains sertis dans leur balle, à décortiquer avant usage. Pas très pratique ni rationnel, certes, mais la récompense pour un relativement modeste effort réside dans la plus grande richesse de ces grains en magnésium, zinc, fer, lysine, cuivre, protéines… Autant d'éléments donnant une saveur particulière et participant à notre santé.

Et parlons pain!

breadSi à notre époque un bon pain frais et croustillant n'accompagne plus obligatoirement tous les mets, si les pères de famille ne tracent plus une croix sur sa croûte pour le bénir avant les repas, il est loin d'avoir disparu de nos tables. Il est par excellence le compagnon des potages et l'ami des plateaux de fromages. Et l'on peut se régaler d'une palette infinie de pains sous forme de tartines et de sandwiches qui, richement et sainement garnis, constituent souvent un véritable repas.

 

L'exception du sarrasin

Tout comme le blé, le sarrasin est communément employé pour la confection de crêpes. Cette plante n'entre pourtant pas dans la catégorie des blés. Car, contrairement aux apparences, le sarrasin n'est pas une véritable céréale. C'est une plante de la famille des polygonacées, tout comme sa délicieuse sœur la rhubarbe.

Qu'importe aux gourmets! Ce qui compte, à leurs yeux comme à leur palais, c'est la légèreté de ces crêpes si fines dont la farine sans gluten est parfaitement digeste.

Texte Simone Collet
Photo Pixabay

LE LIN DES CHAMPS ET LE LIN DES JARDINS

LE LIN DES JARDINS (5ème partie)
'LINUM GRANDIFLORUM'

flaxLA PETITE HISTOIRE
Joël Raguénès - Ecrivain romancier régionaliste (Bretagne) : "Et la terre devenait … une mer de lin bleu" Ce livre raconte l'épopée du lin et du chanvre, deux plantes qui, au milieu du 17ème siècle, ont fait de la Bretagne la première région textile d'Europe. C'est aussi un roman d'amour et d'aventures, fresque éblouissante de la vie d'une famille bretonne.

Extrait : "Regarde Jan, regarde ces fleurs bleues. Ce sont les fleurs de lin. Dieu nous les donne une fois l'an, pour nous apprendre ce qu'est la beauté et combien elle est éphémère. Demain, elles disparaîtront après nous avoir éblouis le temps d'une journée et le lin perdra sa parure de printemps en nous laissant ses parties utiles. …" À

LA DÉCOUVERTE DU LIN
Grâce à un terroir, un savoir-faire et un climat unique, le lin de Seine-Maritime donne une fibre de grande qualité qui est très recherchée. Des coopératives linières sont à découvrir dans le Pays de Caux, mais aussi de jolies boutiques et ateliers. La visite de l'Écomusée Tradition du Lin, propose une véritable découverte du lin et de ses multiples usages.

Un bon conseil pour finir : programmez-vous un petit séjour en Seine-Maritime en juin, pour venir contempler les champs recouverts d'un bleu vif dans le cadre des paysages grandiose de la Côte d'Albâtre...

Fin

LE LIN DES CHAMPS ET LE LIN DES JARDINS

LE LIN DES JARDINS (4ème partie)
'LINUM GRANDIFLORUM'

FlaxLe lin, symbole de la poésie, du romantisme avec une connotation sentimentale ? Le bleu du lin, de bleu clair presque blanc à un bleu profond aux reflets violets, à l'extrémité de longues tiges souples, nous montre toute sa délicatesse et sa fragilité, d'autant qu'il ne se cueille pas, sa vie étant si courte. Et pourtant, une touffe de jolies fleurs bleues au jardin va éclairer nos coins de verdure, fleur après fleur, chaque jour pendant plusieurs semaines. Viendront ensuite les graines, capsules élégantes à la place des fleurs qui tiendront jusqu'à l'automne et dont les tiges, une fois cisaillées (il est impossible de les casser à la main tant elles sont robustes), seront mélangées à un paillage ou rejoindront le compost.

LIN ANNUEL
Le lin annuel 'linum grandiflorum', aux couleurs éclatantes, rose vif, rouge ou saumon, vient égayer un coin rocaille, de prairie fleurie avec quelques coquelicots, marguerites, nigelles de Damas, bleuets, cosmos… A semer plutôt fin avril/mai.

LIN TEXTILE
Au jardin, nous semons aussi du lin 'linum usitatissimum' près des pommes de terre ; il éloignerait les doryphores. Mais avec ou sans bêbêtes, et avec ou sans pommes de terre, nous semons du lin à fleurs bleues au potager en fin d'hiver, en surveillant limaces et escargots.

LIN VIVACE
N'oublions pas le lin vivace 'linum perenne spp' qui présente également de jolies fleurs d'un bleu plus soutenu et un feuillage légèrement bleuté, que vous retrouverez chaque année avec plaisir. Si votre terre est plutôt compacte, n'hésitez pas à y ajouter du sable. Il se plaira aussi dans votre coin rocaille et dans une terre légère.

A suivre

LE LIN DES CHAMPS ET LE LIN DES JARDINS

LE LIN DES CHAMPS (3ème partie)
'LINUM USITATISSIMUM'

FlaxUTILISATION DU LIN DES CHAMPS
Les fibres longues sont destinées au textile, les étoupes (fibres courtes) sont valorisées en matériaux composites divers : matériels de sport, véhicules, éoliennes, papier à cigarette, billets de banque… les anas (particules ligneuses issues du teillage) seront transformées en panneaux de particules, combustibles pour chaudières, litière pour animaux, paillis pour le jardin…

 

LES LINICULTEURS
La qualité est le résultat du savoir-faire de ces hommes, qui se chargent de :
• la sélection des variétés,
• la qualité du sol (terres limoneuses et profondes),
• semer serré pour obtenir des fibres fines,
• surveiller la croissance pendant 100 jours (insectes, champignons)
• surveiller la floraison pendant 10 jours,
• puis l'arrachage (5 semaines après la floraison) lorsque ses tiges ont une belle couleur blonde,
• surveiller sa linière (lorsque les fibres sont arrachées et laissées sur le sol, puis retournées) pour la phase de rouissage : ce sont des micro-organismes (champignons et bactéries) qui vont s'attaquer aux tiges pour séparer les fibres et la paille,
• enfin, le teillage : séparation des différentes parties,

Le lin partira en usine sous forme de grosses balles rondes

A suivre

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